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Allocution d’Annick Garonne, secrétaire générale du CNLE de 2000 à 2006, à l’occasion de son pot de départ à la retraite.

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[1er décembre 2008] Le 13 novembre 2008, Annick Garonne a invité ses collègues de la DGAS à une réunion conviviale, à l’occasion de son départ à la retraite.
A travers le discours qu’elle a prononcé à cette occasion (lire ci-dessous), Annick Garonne a retracé les temps forts de sa carrière professionnelle dans la fonction publique, faisant revivre ou découvrir à ses collègues une belle tranche de l’histoire du ministère. En effet, sa carrière, débutée en 1963 dans l’administration, s’est déroulée pendant 38 ans au sein des ministères sanitaires et sociaux.
Ce témoignage a touché l’auditoire tant par la richesse de la carrière présentée que par l’engagement personnel dont Annick Garonne a fait preuve, notamment dans l’animation du CNLE dont elle a été la secrétaire générale de 2000 à 2006.

Chers collègues, Chers amis,

Je suis très émue par votre présence nombreuse autour de moi aujourd’hui, je vous en remercie sincèrement. Je remercie aussi celles et ceux qui souhaitaient se joindre à nous mais qui n’ont pu le faire, retenus par leurs obligations professionnelles.

Je viens de mettre un terme à mon parcours professionnel, entamé depuis 1963 dans la fonction publique, depuis 1970 au ministère (soit un peu plus de 38 ans), depuis 1994 à la DGAS.

Ce parcours comprend trois temps : la période « service déconcentré » (13 ans), la période « off » pour l’exercice d’un mandat syndical (10 ans) et enfin la période « administration centrale » qui aura été la plus longue (15 ans).

Rien ne me prédestinait à « entrer » dans la fonction publique.

Je suis née dans une famille de milieu rural très modeste dans une petite commune d’Eure et Loir d’environ 270 habitants. Famille pauvre, au sens monétaire, mais riche de valeurs humaines dont je sais gré à mes parents.

L’horizon, à l’époque, pour la plupart des jeunes de la commune est l’entrée dans la vie active à 14 ans.

J’ai la chance d’être la dernière d’une famille de six enfants et qu’une de mes sœurs aînées, poussée par l’institutrice du village, ait pu entrer au lycée. J’ai suivi sa trace. Je fais mes études secondaires au Lycée technique Maurice Viollette à Dreux et commence à préparer, par correspondance, un BTS à Châteaudun où je venais d’être nommée maîtresse d’internat. L’attribution de ce poste me donne l’autonomie financière par rapport à mes parents. Sans lui, mon parcours scolaire se serait arrêté là.

Mutée à Tours, j’achève mon BTS et prépare une licence en droit (en 4 ans à l’époque) que je termine en 1969 à Poitiers. Je passe mai 68 à Tours, pas grand-chose à signaler : la fac et le Lycée sont en grève comme partout ! Je fais tranquillement mes révisions d’exam avec des copines sur les bords de Loire en attendant les examens qui n’auront lieu finalement qu’en septembre.

Fin de ma délégation de « pionne ». J’obtiens une bourse d’enseignement supérieur pour achever ma dernière année de fac. La bourse était plus élevée si on s’inscrivait à la préparation aux concours administratifs du CEPAG (aujourd’hui IPAG). La contre partie était de s’engager à passer un concours et à entrer dans la fonction publique en cas de réussite, sinon à rembourser le montant de la bourse.

Je passe donc le concours d’Agent administratif supérieur des DRSS (corps qui s’appellera en 1977 inspecteur des affaires sanitaires et sociales puis plus récemment inspecteur de l’action sanitaire et sociale).
Pourquoi ce concours ? Une question de calendrier (je choisis un concours qui a lieu après mes examens de 4e année, pour moi prioritaires) et de programme (j’avais suivi un cours de droit de la Sécurité sociale à la fac).

Je n’espérais pas le rater, mais ne l’ayant pas préparé, je n’y comptais pas trop non plus !

A l’annonce du résultat positif, je démissionne de la CAVIA, une société de crédit-auto dans laquelle je travaillais à Paris depuis début octobre 69. Je n’avais pas été passionnée par le service de contentieux de recouvrement des crédits accordés. Je n’ai donc pas beaucoup hésité à entrer dans la fonction publique et à accepter mon affectation à la DRSS d’IDF.

Je suis affectée à la DRSS d’IDF le 5 août 1970. La Direction régionale de la sécurité sociale est encore logée à ce moment-là dans les locaux de l’administration centrale, avenue de Lowendal.

Je découvre tout un monde encore « vieille France ». Les locaux, le mobilier et le matériel, l’organisation hiérarchisée, les pratiques professionnelles… Tout me donnait du moins cette impression.
Pas d’énarques, ni même d’inspecteurs sortis de l’ENSP.

La promotion sur place et au choix est encore une voie très ouverte pour l’encadrement (sous-directeur, chefs de bureau). Beaucoup ont débuté leur carrière au bas de la grille. Ce paysage changera assez vite dans les années qui suivront.

En 1970, on parle déjà de réforme : celle apportée par les ordonnances de 1967. Elles venaient de modifier sensiblement le système de 45 en introduisant la parité dans les CA des organismes de sécurité sociale avec l’entrée de représentants du patronat, mettant un terme à la représentation unique des salariés.

De 1970 à 1973 : premier poste et affectation au bureau de la documentation de la DRSS. Je dois faire la lecture et l’analyse de toute la production juridique et administrative concernant la sécurité sociale en vue de son classement chronologique et analytique. Travail assez vite routinier et fastidieux, mais très utile pour approfondir rapidement mes connaissances sur la sécu. Le système de classement ne devait pas être si mauvais que cela, car nous avions assez souvent la fierté de dépanner l’administration centrale.

Ce service était ouvert à l’ensemble des services de la direction qui venaient y chercher un texte ou y faire une recherche. C’est ce qui m’a valu d’y rencontrer mon futur mari, Marc, qui était devenu un usager très assidu du service !

En 1974, j’entre au bureau juridique de la DR, à l’issue de mon congé maternité.

Période difficile pour Marc et moi, comme certains d’entre vous le savent, avec la naissance prématurée de nos jumeaux, Sébastien et Emmanuel, qui impliquera la fréquentation du service de néonatologie de l’hôpital Antoine Béclère pendant onze mois. Le soutien chaleureux des collègues du bureau juridique de la DRSS qui m’accueille nous a beaucoup aidés à vivre cette période. Les relations de travail étaient exceptionnelles : beaucoup de solidarité, un travail d’équipe, sous la responsabilité d’un chef de bureau, Roger DELAUGE, qui avait « l’art » de savoir nous motiver individuellement et collectivement (on ne parlait pas alors de management, mais lui le pratiquait déjà).

Le bureau était chargé d’assurer la représentation du DRSS au sein des juridictions spécialisées du contentieux de la Sécurité sociale, 1ère instance et Chambre sociale de la Cour d’appel, mission qui faisait partie des pouvoirs propres des DR.

J’ai assuré la représentation à la Cour d’appel de Paris et de Versailles. Nous avions la redoutable responsabilité de « dire le droit » dans les conflits qui opposaient assurés sociaux et Organismes de sécurité sociale.

Mais tout l’intérêt résidait dans la conception que notre chef de bureau avait de notre travail : avoir une analyse critique du droit au regard de l’intérêt des assurés et ne pas hésiter, le cas échéant, à préparer une proposition de modification à porter auprès de l’administration centrale.

J’assurerai l’intérim de R. DELAUGE, promu sous-directeur et affecté en province, jusqu’à mon départ de la DRASS en 1983, après mon congé maternité pour Célia, la troisième de la famille. Ludovic, le second, est né en 1979.

En 1977, les DRSS sont devenues les DRASS (Directions régionales des affaires sanitaires et sociales) en fusionnant avec les SRASS (Services régionaux de l’action sanitaire et sociale). Leurs compétences s’étendent au secteur hospitalier. La réforme statutaire qui accompagne la réforme ouvre la mobilité entre DDASS et DRASS. Un choc des cultures ! Je n’aurai pas, pour ma part, l’occasion d’aller travailler en DDASS.

1983 marque une rupture dans mon parcours professionnel. J’accepte une décharge totale de service pour exercer un mandat syndical à la CFDT sur mon secteur professionnel, particulièrement « chamboulé » par les effets de la première vague de décentralisation. Ce mandat est le prolongement de mon engagement militant, à la DRASS dès 1971.

En 1985, j’aurai un mandat élargi à des responsabilités fédérales au sein de ma fédération professionnelle de rattachement. Je passe rapidement sur cette période particulière de mon parcours professionnel. Je tiens cependant à souligner qu’elle a beaucoup compté pour moi. Cette expérience a été non seulement très formatrice, elle a aussi beaucoup contribué à mon développement personnel en m’aidant à surmonter ma timidité et le stress de la prise de parole en public.

En 1993, je réintègre l’administration. Je suis affectée à la « mission prospective et modernisation » de la DAGPB, principalement pour assurer le secrétariat général du groupe de travail chargé de l’évaluation interministérielle de l’expérimentation des Directions régionales et interdépartementales de la santé et de la solidarité (DRISS), conduite dans trois DRASS de 1991 à 1993. Expérimentation très discutée au sein des services déconcentrés, elle visait à renforcer l’échelon régional des SD dans le domaine sanitaire. L’évaluation faite par l’IGAS était positive. Ne parvenant pas à un consensus, le rapport du groupe de travail interministériel proposait plusieurs scénarii dont la généralisation de l’expérimentation. On sait ce qu’il en est advenu : le ministre d’alors, Mme Weil, a défendu la généralisation mais n’a pas pu contrer l’opposition du ministère de l’intérieur. La réforme est abandonnée.

Pour une fois, le ministère de l’économie, était sur les mêmes bases que les affaires sociales.

Il est possible que les DRISS n’aient pas été l’outil suffisant pour apporter une réponse à la coordination des différents rouages de notre système de protection et de santé. Mais je reste persuadée qu’il aurait au moins permis de renforcer les services déconcentrés y compris au niveau départemental fragilisés après la 1ère décentralisation.

De l’expérience des DRISS il restera le Comité technique régional et interdépartemental (CTRI) qui renforce la coopération entre le niveau régional et le niveau départemental des SD.

1994 : après la mission sur les DRISS, Pierre GAUTHIER me propose de prendre un poste à la DGAS. Je choisis le bureau de l’insertion des personnes handicapées dont le chef de bureau est alors Patrick RISSELIN. Marie-Claude MAREL lui succédera peu de temps après. C’est apprentissage d’un nouveau métier : nouvelles fonctions (celles de centrale), nouvelles connaissances à acquérir (Je ne savais pas grand-chose du secteur médico-social et du droit de l’aide et de l’action sociale), nouveau partenariat avec le milieu associatif dont je découvre l’importance, intérêt et difficulté d’une politique interministérielle très large…

J’y suis chargée du secteur de l’enfance handicapée. Les priorités sont stratégiques pour le secteur : la mise en œuvre par les services déconcentrés de la réforme dite des annexes XXIV (1988-1989) et l’intégration scolaire en milieu ordinaire, sur laquelle nous avions peine à avancer avec l’éducation nationale. La réforme des Annexes XXIV pose déjà les principes qui seront repris dans la loi 2002-2 : prise en charge globale, évaluation globale des besoins, libre choix entre milieu ordinaire et milieu spécialisé…

Autre dossier sensible : l’application de l’amendement Creton. Je tiens la plume de la circulaire d’application du fameux amendement « Creton » qui permet de maintenir de jeunes adultes dans les établissements pour enfants, faute de place en établissements pour adultes. La circulaire qui sortira en 1995, après bien des discussions interministérielles et partenariales, sera finalement censurée par le Conseil d’Etat au motif qu’elle imposait aux Conseils généraux une prise en charge financière sans support législatif (support législatif qui sera introduit dans la loi 2002-02). Pour une première circulaire, c’était réussi. !

Toutefois, « grâce » à Michel CRETON, nous arracherons plus facilement le financement d’un nouveau plan de développement de places dans les structures pour adultes. La pression des associations et des parents, une volonté politique enfin concordante entre les Affaires sociales et l’Education nationale permettent de relancer la scolarisation en milieu ordinaire (il faut se rappeler que la priorité à l’intégration scolaire en milieu ordinaire est inscrite dans la loi depuis 1975 !). Nous élaborons en 1999, conjointement avec nos homologues de la DESCO, le plan Handiscol qui comprendra une vingtaine de mesures favorisant la scolarisation des enfants handicapés. Ce plan s’appuie sur les constats et les préconisations du rapport conjoint de l’IGAS et de l’inspection générale de l’Education nationale sur l’enseignement des enfants handicapés.

Début 1998, mon poste s’élargit aux fonctions d’adjointe au chef de bureau Marie-Claude MAREL, au départ de Jean-Marc TOURANCHEAU qui débute sa carrière de directeur. Ces fonctions m’ont donné la mesure de l’importance du travail transversal - mais aussi de ses exigences - que ce soit à travers le travail interministériel, le travail inter-directions (DGEFP, DSS, DHOS, DSS, DREES…) ou le travail avec les autres bureaux de la DGAS. C’est à ce moment-là que j’ai travaillé avec beaucoup d’entre vous.

De mes six années au bureau du handicap, je garde en mémoire les riches discussions que nous avions entre collègues. J’y ai noué des amitiés qui ont perduré au-delà de cette période. J’ai quitté le bureau du handicap en 2000, au moment où la réorganisation de la DGAS le transformait en une sous-direction de trois bureaux. Grâce à son unicité, pour ma part, j’ai pu appréhender plus globalement la problématique des personnes handicapées.

2000 : Patrick RISSELIN, de retour à la DGAS, me convainc à nouveau de venir travailler avec lui au bureau de la Prévention, de l’insertion et de l’accès aux droits (PIA), de la nouvelle sous-direction des Politiques d’insertion et de lutte contre les exclusions (PILE). J’occupe les fonctions d’adjointe et surtout de Secrétaire générale du Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE), dont le président était alors Jean-Claude BOULARD. Je dois dire, cela rassurera Christiane El Hayek, que, déjà, le président du CNLE considérait que la DGAS ne mettait pas assez de moyens sur le fonctionnement du Conseil !

Fin de l’année 2000, début 2001 : au départ de Patrick qui quitte le bureau pour suivre sa scolarité d’administrateur civil à l’ENA, j’assume son intérim en attendant l’arrivée de Catherine LESTERPT quelques mois plus tard. Je retrouve dans la politique de lutte contre la pauvreté et l’exclusion, fortement renouvelée par la loi du 29 juillet 1998, des principes communs à la politique pour les personnes handicapées : exigence d’une stratégie globale et d’un travail interministériel et partenarial ; permettre à des personnes d’accéder aux droits fondamentaux…

La sous-direction PILE, alors placée sous la responsabilité de Frédérique BONTEMS puis ensuite de Claire DESCREUX, est un des outils du pilotage de cette politique au niveau national, plus particulièrement le bureau. Il est chargé de la coordination des relations interministérielles, en bilatéral et au sein d’un comité permanent - dont j’ai assuré le secrétariat jusqu’en 2006 -, plus particulièrement lors de l’élaboration des programmes d’action découlant de la loi de 98 et des plans nationaux d’inclusion élaborés dans le cadre de la stratégie européenne de lutte contre la pauvreté.

Mais c’est dans mes fonctions de secrétaire générale du CNLE que j’ai pris le plus d’intérêt et de motivation. Il y a eu bien sûr les aspects astreignants liés au fait d’avoir à organiser dix mois sur douze une réunion mensuelle d’une soixantaine de personnes. Je remercie Denise et Florence qui m’ont successivement aidée à assurer la logistique pour que tout se passe au mieux et Marie-Hélène qui l’a fait chaque fois que nécessaire.

On oublie trop souvent que notre société laisse plus de 12 % de la population en-dessous du seuil de pauvreté. Le rôle du CNLE est essentiel pour rappeler cette réalité et être un lieu d’échanges, de croisements de points de vue différents, et faire des propositions pour lutter contre l’exclusion et la pauvreté et prévenir ces situations. J’ai eu l’occasion d’exprimer aux membres du CNLE et à son Président, Bernard Seillier, toute ma reconnaissance et mes remerciements pour la connaissance et l’expertise qu’ils m’ont apportée, individuellement et collectivement, au cours de six années.

Une des modifications importantes du fonctionnement du conseil dont je me suis réjouie a été l’élargissement aux partenaires sociaux. Ceux-ci représentent le monde économique sans lequel il ne peut y avoir de véritable lutte contre la pauvreté. Je soulignais aussi que le CNLE a su contourner l’absence de moyens administratifs supplémentaires par une organisation interne qui a créé une dynamique de travail collectif : organisation de groupes de travail (largement "autogérés") pour la préparation des deux conférences nationales, celle de juillet 2004 et celle d’avril 2006.

Je sais gré à M. TREGOAT de sa participation fréquente aux travaux du Conseil, lui apportant une légitimité supplémentaire. Merci à Claire, Catherine et Micheline qui m’ont épaulée dans toutes mes fonctions, et celles de secrétariat du CNLE en particulier.

Je tiens aussi à souligner l’apport de mes collègues chargé(e)s de mission au bureau PIA. Leur niveau d’expertise sur des sujets dont la DGAS n’a pas, le plus souvent, la maîtrise d’ouvrage (logement, emploi, insertion sociale et professionnelle, illettrisme, surendettement, services bancaires, santé, etc.) est, à mon sens, trop méconnu. En tous les cas, j’ai beaucoup appris d’elles et d’eux et je tenais à les en remercier, ainsi que pour la qualité de nos relations.

Je remercie aussi l’ensemble de mes collègues de la sous-direction pour leur coopération aux travaux du CNLE ou du comité permanent du CILE ou tout simplement pour l’intérêt qu’ils y portaient.
Mes remerciements vont aussi aux deux chefs de services, Mireille et Philippe, avec une petite mention particulière pour Philippe qui, après Bernard Garro et Bernard Verrier, m’a facilité le travail en assurant la présidence du Copil de la convention DGAS-Uniopss.

J’ai quitté un engagement syndical pour reprendre mon activité administrative mais j’ai eu vraiment le sentiment d’y prolonger mon engagement militant, tant les sujets sur lesquels j’ai eu à travailler sont importants pour notre vie sociale voire sociétale.

Un engagement dans mon travail, pas toujours facile à concilier avec la vie familiale. Je remercie Marc, qui m’a soutenue et permis de maintenir l’équilibre entre les deux, en prenant sa part du travail domestique. Je sais que cela n’a pas été toujours facile pour lui non plus.

Dans les différentes responsabilités qui ont été les miennes, ce qui m’a guidée c’est la recherche d’une administration au service du public et qui sache respecter ses propres ressources humaines. J’ai pu rencontrer des femmes et des hommes d’une grande diversité, avec de grandes qualités humaines, quelle que soit la place qu’elles/ils occupaient dans la société ou la hiérarchie. Vous en êtes les témoins. Professionnelles ou amicales, voire les deux très souvent, ces rencontres ont été pour moi une source d’ouverture et d’enrichissement. De cela, je tenais à exprimer à tous ma reconnaissance.

J’achève mon parcours professionnel au moment où notre administration, centrale comme déconcentrée, s’apprête à se réformer sans doute assez profondément. Je m’autorise à formuler un vœu dans cette évolution qui s’engage : je souhaite profondément que notre administration sanitaire et sociale garde l’essentiel de ce qui l’a façonnée au fil de ces dernières décennies : son humanisme, son humanité (je n’ose dire son « âme »). Je suis convaincue qu’elle pourra le faire si elle sait reconnaître et préserver les qualités et les aptitudes des femmes et des hommes qui la font fonctionner.

Pour l’avenir :
Je n’ai pris pour le moment que peu d’engagements fermes. J’aspire d’abord à prendre le temps. A être plus disponible pour ma famille, et notamment pour accompagner mes deux derniers enfants, Ludovic et Célia, à trouver la voie qui leur convient le mieux (une de mes préoccupations majeures) et pour accompagner Sébastien dans sa recherche d’une plus grande autonomie.

Je souhaite aussi avoir plus de temps pour partir à la découverte de Paris, concrétiser quelques voyages, répondre en particulier aux invitations, sans cesse repoussées, des amis qui vivent en province, aller aussi au-delà des frontières de notre pays. Marc est plus prompt à partir par le train comme certains le savent, mais je ne désespère pas de le voir vaincre son appréhension de l’avion pour voir d’autres horizons que Marseille ou les Alpes de Haute-Provence !

Annick GARONNE